Roman de Robic de Kergueguen

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Roman de Robic de Kergueguen

Message par Robic Hier à 23:14

Le Capitaine de vaisseau de sa Majesté
Nathan Guérin
Comte de Renan.

Chapitre 1 La Superbe

En  ce petit matin de 1783, dans le port de Brest le jour n’était pas encore levé.  Tout en marchant le long du quai aux vivres, le Capitaine de Frégate  Nathan Guérin, Comte de Renan fit glissé sa cape, pour dégager son épaulette du coté gauche, se faisant ainsi connaître  de  l’aspirant qui l’attendait avec  le canot pour le mener à son navire.
L’aspirant le salua -  Bonjour Commandant, le canot est paré.
- Très bien jeune homme, ma malle est déjà  à bord ?
- Oui Commandant, votre malle  à été déposé dans votre cabine.
- Alors, allons y, faite moi faire le tour de La Superbe.
- Oui Commandant, La Superbe est une frégate de dix huit, elle a un an Commandant, trente huit canons, vingt  six de vingt quatre livres et douze de huit livre.
- Vous avez l’air fier de votre bâtiment jeune homme, c’est bien.
- Oh oui !! Heu...Commandant.
Le canot ayant fait le tour s’approcha de la coupée, le patron de celui ci cria « Superbe », annonçant ainsi l’arrivée du Commandant à bord. Nathan, une fois accueilli sur le pont par les trilles, vit s’avancer un lieutenant de vaisseau  pour le saluer.
- Lieutenant de vaisseau Paul Durant, je suis votre Second, Commandant.
- Très bien Capitaine, présentez  moi les officiers.
Ceux-ci en rang étaient au garde à vous, le regard fixe devant eux.
- Je vous présente  le Major jean Dubois qui commande nos fusiliers,  les Enseignes Roussel et Lambert Commandant, et  les Aspirants Nicolas, Bonnet et  Simon.
Nathan échangea un salut avec chacun d’eux. Mais soudain le regard de Nathan fut attiré par une silhouette.
- Mais, cet homme là ! C’est … L’homme désigné par Nathan fit un pas en avant pour le saluer.
- Premier-maître Mercier  commandant.
- Content de vous voir mon ami, vous étiez  Matelot-breveté quand j’étais enseigne, sur le Bourgogne en 66, bel avancement !!
- Merci, Commandant, le canonnier Gauthier est aussi avec nous Commandant.
- Ah bien mon ami, j’essaierai  de le voir.
Le  Second un peu surpris  par la tournure que prenait la présentation, finis par indiquer au commandant le Médecin  du bord.
- Le Docteur  Joël  Morin, Commandant.
- Bienvenue à bord Commandant !
- Merci ! Docteur.
Nathan gagna aussitôt le gaillard d’arrière  pour lire sa prise de commandement. Une fois fait, il se retourna vers le second.
- Monsieur  Durant, je recevrai les officiers vers quinze heures.
- A vos ordres Commandant.
-  Pour le moment je vais consulter les ordres de l’amirauté et les  livres  de bord et des punitions, vous pouvez  retourner à vos occupation  monsieur Durant.
- Bien Commandant.
Nathan passa sa journée à consulter les papiers du bord, par la claire-voie, il entendait l’équipage  s’activer à l’avitaillement du navire. Regardant sa montre à gousset il se rendit compte qu’il était déjà 14 heures trente. Il héla le fusilier de garde,
- Sentinelle, appelé moi monsieur Durant.
L’ordre fut répercuté sur le pont,
Quelques secondes  âpres  la  sentinelle annonça,
- Le Capitaine pour le Commandant.
- Entrez, Paul, puis je vous offrir un verre de Bordeaux ?  Asseyez  vous, je veux qu’étant  mon second,  vous, vous sentiez libre  de me parler ouvertement lorsque nous sommes entre nous.
- Très bien Commandant.
- Parlez moi un peu, de notre équipage,  que pensez vous de nos  enseignes et  aspirants dites  moi tout. Bien sur je me ferai mon propre opinion mais il est souvent bon d’avoir un autre avis.
- Eh bien Commandant, nos deux enseignes Roussel et Lambert feront de bons lieutenants, les deux sont sérieux et accomplissent  leur devoirs  correctement, bien que,  personnellement  je  trouve Roussel un  peu trop réfléchi et Lambert trop vif,  en  revanche nos petits messieurs  comme à l’habitude, sont un peu dissipés , bien que M. Simon soit  le plus prometteur des trois.
- Oui, je me suis aperçu  de son sérieux quand il est venu me chercher avec le canot.  Il a démontré une certaine assurance dans  sa façon de commander. Bien mon cher Paul nous allons  pouvoir apprendre à connaître tout ce petit monde, les mois à venir  puisque nous  partons pour les Antilles. Nous avons ordre de rejoindre l’île de la Martinique et  d’attaquer les convois des compagnies marchandes anglaises qui croisent entre St Lucie et Antigua. Bon  j’entends que ça s’agite sur le gaillard d’arrière faite  les entrer que l’on partage ces bonnes nouvelles.
- Bien, Commandant.

Le lendemain, à l’aube la Frégate La Superbe leva l’ancre et largua ses voiles pour le grand large. Nathan sur le gaillard observait son vaisseau fendre les vagues  de belle allure, sous  pleine voilure, elle filait si prestement que l’on aurait pu croire qu’elle volait. S’approchant de la double roue il regarda  le maître-principal et les timoniers
- Bonne marcheuse, apparemment !
- Et faut la voir sous bonnettes commandant !
- Capitaine Durant, voyons ce qu’elle  donne sous bonnettes.
dit Nathan avec  un léger sourire.
- A vos ordres  commandant.
Les jours qui suivirent  permirent à  la Superbe de faire  un peu d’exercice de voilure pour les gabiers et d’école d’artillerie pour les canonniers, de jour en jour  l’équipage faisait des progrès.
Apres deux semaines au large pour être moins repérable par les patrouilles anglaises, la Frégate avec l’aube franchit le tropique du cancer. Le matelot Clément Roux, désigné comme Maître d’hôtel, venait de rasé le commandant.  Il prit l’habit bleu du Commandant, pour le brossé,  celui ci était orné d’une belle épaulette dorée, indiquant le grade de Capitaine de Frégate du Commandant. Nathan sorti de ça chambre, vêtu d’une chemise blanche, de son gilet, sa culotte et ses bas rouges, ainsi que ses veilles chaussures à boucle d’officier de la marine royale.
- Bonjour Clément !
- Bonjour Commandant, je vous ai fait du café, il est encore tout chaud ! Il y a aussi quelques tartines, et  du beurre, mais je n’ai  trouvé que de la confiture de rhubarbe.
- Merci, ça ira très bien Clément.
- J’ai brossé votre habit, et votre Bicorne, commandant.
Nathan, entendit le cri de la vigie
- Ohé du pont ! Voiles en vue, sur tribord avant à l’horizon.
Nathan se força  à boire calmement son  café, s’obligeant même à mâcher  sa tartine de confiture de rhubarbe,  alors qu’il n’aimait pas cette confiture,  mais son supplice pris fin lorsque le Capitaine Durant fut annoncé par la sentinelle.
- Entré Paul.
- La vigie, a aperçu deux  vaisseaux ennemis, Commandant,  un deux-ponts  et un soixante-quatorze.
- Bien ! Je monte.
Nathan se précipita sur le gaillard d’arrière.
- Monsieur Bonnet,  lorgnette s’il vous plait.
- Oui Commandant, voici.
-  C’est bien un quatre-vingt et un soixante-quatorze, monsieur Durant, nous  allons carguer la Misaine et la Grand-voile,  il serait fou d’aller nous frotter a ces deux là, notre mission serait compromise avant d’avoir commencé.
Durant ordonna,
-  Du monde en haut, carguer Grand-voile et la Misaine.
Les enseignes activèrent les gabiers.
- Allons, allons un peu de nerf  là, ça dort.
Lambert renchérit,
- Premier- maître prenez le nom de cet homme.
Nathan posa sa lorgnette sur une enfléchure et observa les navires à l’horizon, ceux-ci s’éloignaient apparemment sans se soucier  de la Superbe.
Le second se retourna vers  Nathan et lui dit,
- Ils filent au sud ouest  quart sud, sûrement sur Antigua, Commandant.  
- Oui, et je soupçonne le soixante quatorze d’être armé en flûte, avez-vous remarqué comme il était haut sur sa ligne de flottaison. J’ai l’impression qu’ils transports des troupes  pour un coup de main, à moins que ce soit des renforts pour Antigua. Timoniers, cap au sud, sud ouest.
Ceux-ci exécutèrent aussitôt la correction à la barre.
-  Cap sud, sud ouest, Commandant.
Nathan se tourna vers son second,
- Avec cette bonne brise nous devrions voir la Martinique dans une semaine, bien je descends  mettre ces observations sur le journal de bord Paul, faite moi appeler si besoin.
Une fois dans sa cabine Nathan rédigea un compte rendu sur le journal, lorsque la sentinelle s’écria,
-Lieutenant Roussel Commandant.
- Entrer, Lieutenant que voulez vous ?
- C’est pour le canonnier  Gauthier, Commandant vous avez demandé à le voir.
- Ah oui, faite le,  entrer et laisser nous merci.
Le marin Gauthier entra et se présenta quelque peu intimidé.
- Canonnier Gauthier, à vos ordres Commandant.
Nathan se leva et lui serra la main.
- Détend toi Gauthier et  assied toi. Comment vas-tu ?
-Pas trop mal Commandant, je ne rajeuni pas.
- Eh bien, si je t’ai fait venir c’est parce que j’ai besoin de toi ! J’ai vu que Mercier est Premier-Maître et je me suis dit que, puisque j’ai besoin d’un  serviteur, que cela t’irai, d’être à mon service, comme mon serviteur et mon patron de canot, quand pense tu ?
- J’accepte avec plaisir Commandant, on se connaît  depuis Le Bourgogne  Commandant et je suis bien content que vous ayez pensé a moi, encore merci.
- Bien ! Vas  rejoindre Clément, il te mettra au courant de ce que tu devras  faire pour mon service, et  heureux de te voir rejoindre la cabine.

 Depuis  la levée du jour La superbe  croisait dans les eaux au large de la Dominique, Nathan avait fait doubler les vigies. Le ciel parsemé de quelques nuages  et une houle d’amplitude moyenne, permettait de voir toutes voilures à l’horizon. Nathan observait sur  la dunette, les Enseignes. Roussel faisait  la leçon des manœuvres aux voiles aux aspirants et Lambert  était de Troisième quart. La journée étant découpée en 6 quarts par tranche de 4 h. Nathan se dit qu’avant la fin du cinquième quart,  la Martinique serait en vue
- Voile en vue ! Au sud quart sud-est ! » S’écria la vigie.
- Frégate anglaise !
Tous les regards du bord se tournèrent dans cette direction.
-Branle bas de combat Monsieur Durant, faite charger les pièces avec des boulets ramés, Monsieur Lambert nous allons virer de bord.
- Bien Commandant.
Celui-ci, se tournant vers la proue ; posté à coté de la double roue, il porta le porte-voix à sa bouche.
- Paré à virer !
L’ordre fut immédiatement relayé  par les sifflets des quartiers-maîtres.
- Devant ! Changer !
La superbe vint dans le vent et abattit sur l’autre bord.
- Barre dessous !
lança Lambert aux timoniers, les matelots choquèrent les armures, tandis que d’autres halaient les boulines, la manœuvre exécuter correctement, plaça l’étrave de  La Superbe sur un axe de rencontre avec la Frégate ennemie.
Nathan annonça calmement,
- Mettez en batterie les pièces tribord, et préparer les pièces bâbord discrètement monsieur Roussel, a mon ordre vous rentrer tribord et mettez bâbord en batterie pour faire un tir a démâté ! Avec les vingt-quatre livres et un tir  a mitraille sur leur pont  avec les huit livres, c’est compris Monsieur Roussel.
- Oui commandant.
-Je m’occupe des huit livres monsieur Roussel, et prenez la batterie basse. Dit Durant.
La Superbe passa  soudain, suivant les ordres de Nathan, sur le flan bâbord de la Frégate anglaise, la stupéfaction puis la panique régna quelques minutes à bord de celle-ci, alors que la frégate ennemi commençait à défiler le long du bord de La Superbe, Nathan s’écria,
- Feu !
Le mat de misaine de l’anglais, sectionner a mis hauteur chuta sur le pont, emmenant avec lui une partie du grand mat, noyant ainsi  l’équipage sous un monceau de toiles et d’espars, que les pièces de huit de La Superbe cribla de mitraille. Un  tir de caronade de l’ennemi toucha le gaillard avant de La Superbe, arrachant le grand foc, le foc et la trinquette, tuant trois hommes.  
-À viré loft pour loft.
Annonça Nathan pour prendre l’anglais sous le feu de sa batterie bâbord, lorsque l’Aspirant Bonnet cria,
-Il amène ses couleurs Commandant.
- Cessez le feu. Ordonna Nathan.
-Paul prenez le chaloupe, avec le Major et ses fusiliers, abordez moi ce navire.
- Bien ! Commandant.
La chaloupe revint au bout d’un quart d’heure, Durant vint rendre compte aussitôt.
- Commandant, la Frégate anglaise HMS Meredith est à nous, le Commandant anglais est mort, ainsi que la moitie de ses officiers, il ne reste que deux aspirants.  Notre bordée les a surpris et une  partie de l’équipage a été décimé. J’ai envoyé les charpentiers pour bricoler leur grand mat.
-Très bien, les fusiliers ont le situation en main ?
- Oui Commandant, le Major Dubois est quelqu’un de très efficace.
- Je n’en doute pas. Bien, formez un équipage de prise Paul, et quittons ces parages avant que notre chance tourne.
Nathan rajouta avec un petit sourire,
- Je ne pense pas que l’on puisse démâter une Frégate à la première bordée, deux fois le même jour.
- Vous avez raison, Commandant, partons d’ici.
L’arrivée au port de Fort Royal avec comme prise une frégate de douze,  déclencha une liesse générale dans le port. Un représentant du  gouverneur de l’île, ainsi que l’Amiral  dont le vaisseau de quatre vingt canons était ancré dans le Cul Sac Royal, baie devant Fort Royal vinrent en canot au devant de La Superbe. Nathan enfila sont plus bel habit, avec l’aide de Gauthier, et s’avança vers la coupée pour accueillir l’Amiral et le représentant du gouverneur au son des trilles.
- Amiral, soyez le bienvenue, Capitaine de Frégate Nathan Guérin Comte de Renan, c’est un honneur de vous recevoir,  ainsi que vous monsieur.
- Monsieur est le représentant du Gouverneur, François Claude Amour du Chariol, marquis de Bouillé et c’est nous qui sommes honorés, mon cher, bel exploit que de vous présentez avec une magnifique prise le jour de votre arrivée. Bravo !
Apres avoir présenté son second, les officiers et son équipage à ses invités, Nathan demanda à l’amiral,
-Puis je me permettre de vous invitez à boire un verre de champagne messieurs, j’en ai ramené quelques bouteilles de France, ce vin pétillant est très apprécié à la cour il paraît.
-Avec plaisir commandant Guérin ». Répondit l’Amiral.
Entrant dans la cabine, Nathan vit  son Maître d’hôtel, s’avancer vers eux.
-Puis je vous prendre vos épées et Chapeaux messieurs, asseyez vous le vin est servi et bien frais.
Ils s’installèrent autour de la table bureau et gouttèrent le champagne.
- Excellent, ce breuvage ! Permettez moi de trinquer au Roi et a votre belle prise mon cher et a celles à venir. J’ai hâte de lire votre rapport et le récit de ce combat.
- Oh, j’ai, été très chanceux, Amiral, à la première bordée, notre feu a emmené son mât de misaine et une partie de son grand mât.
-Formidable, mon ami. Vous avez d’excellents canonniers.
Le représentant du gouverneur qui n’avait rien dit jusqu'à là, s’adressa à Nathan d’une voix qui refléta une certaine admiration, ce qui mit  a mal la modestie de Nathan.
-Sachez Monsieur le Comte, heu Commandant, que le Gouverneur sera honoré de vous rachetez un bon prix, votre prise, en tant que représentant de la couronne pour la  mettre au service de l’escadre !
Et l’amiral renchéri,
- Et moi ! Je vous promets de nommer comme Commandant la personne de votre choix, qui je suppose, doit être votre second.
-Je vous en remercie Monsieur et vous Amiral, je vous en suis infiniment reconnaissant.
-Je vais user de mon privilège d’Amiral pour renommer cette Frégate de 12, une fois intégrer a l’escadre. J’ai regardé les noms disponibles avant venir et je trouve que La Diligente lui ira très bien.
( A suivre...)
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